Jeffreys Bay – Supertubes (Port Elizabeth - Afrique du Sud)
Alors qu’un avis de tempête est en cours sur l’Afrique du Sud, que le vent d’hiver souffle aujourd’hui en pointe à plus de 100 km/h dans l’Algoa Bay Yacht Club, que les rivets des pontons métalliques sautent un à un, que la baie vitrée du club vient d’exploser, que Dolce Vita, bien amarré et vautré sur ses pare battes, prend une gîte de plus de 15 degrés au port, nous décidons d’aller faire un petit tour à la mer, histoire de prendre un bol d’air et de voir de plus près, en sunset session, les « destructive waves » à l’œuvre sur le plus mythique des spots de surf : supertubes à J-Bay .
Réminiscence chromatique d’un « endless summer » ( car nous sommes déjà en hiver ) du bout d’un monde battu par les vents.
Un swell puissant et une ambiance de folie sur les caillebotis pour admirer quelques fêlés à l’eau ! Hallucinant !
Ci-joint le bulletin émis par l’agence Sud Africaine de Météorologie :
« Valid for Tuesday 23rd June - Gale to strong gale force (65 to 85km/h) westerly to north-westerly winds are expected - Very rough seas in excess of 5m will develop in the west and spread to Port Alfred. High seas with destructive waves in excess of 7m will develop west of Cape St. Francis in the evening. »


8 commentaires:
Merci Vincent. Décidément ton tour du monde ...nous rapproche !
Bon.
Un petit peu plus, après ce petit mot, de Philou qui salue tout le monde.
En plusieurs fois parce que ça fait plus de 4096 caractères:
Les photos de J Bay vont peut-être laisser Marilia dubitative sur la saturation des couleurs au couchant, mais il y a de quoi rêver, en effet, en se remémorant le(s) film(s) de Bruce Brown, alors que le swell d'hiver anime un des plus hauts lieux du surf planétaire devant l'objectif de notre navigateur ..et non moins surfeur émérite.
Vincent a commencé à taquiner les "Waimea waves" du Truc Vert en biscotte à la fin des années 80 avec ses potes Dom, Sam et Baxter, après avoir déjà fait des take offs grâcieux ou graciles, on ne sait pas bien dire ( il y a des photos ), deux ans plus tôt sur une planche affûtée achetée à un pro à Lacanau.
Et puis notre as du Vitelli turn dans des gerbes de glace pilée en bas de murs gelés qu'il taillait tout droit est allé faire une fac à San Sebastian, où il s'est fait shaper chez Pukas un gun pour aller taper le bottom turn chaque matin d'hiver avant les cours avec la même attaque sur le rail frontside.
Ce descendeur de couloirs est devenu quelqu'un qui gère avec un sang-froid désormais mêlé de toute la lucidité d'un père de famille son sens de la prise de risque.
Entre le déterminisme féroce de son frangin qui les a tous poussés à tenter très très bravement l'ascension finale de l'Aconcagua dans une fenêtre minuscule après être revenu lui-même d'une condition physique chancelante la semaine précédente, il y a quelques années, et la calme résolution de son père qui est resté l'an dernier 5 semaines à plus de 6000 en y fêtant ses soixante balais, dans l'attente de la même opportunité sous le sommet du Cho Oyu.
Vincent, c'était un taquineur volontiers caresseur de vagues et chatouilleur de crêtes...
( la souite )
Vincent, c'était un taquineur volontiers caresseur de vagues et chatouilleur de crêtes, capable comme au début de ce tour du monde de se décider à une manoeuvre rock and roll pour soulager son mouillage mal choisi en plein coup de vent méditérranéen, sans connaître encore tous les secrets de leur OVNI, afin d'en changer, ou d'aller faire de la voltige au bout d'une ligne de vie en haut de son mât alors qu'une arrivée d'air avait rompu le calme plat et mis le gennaker ou le spi enroulé en vrac en surprenant Patricia de quart une nuit au milieu de l'Atlantique, je crois, avant de se raviser et d'attendre le lendemain et le jour plutôt que de jouer au yoyo en nocturne, mais en ayant quand même essayé.
Le plus dingue, pour moi, c'est quand il s'est mis à l'eau en caleçon dans le jus du chenal de Piquey pour aller décrocher sa mitraillette plantée dans un corps-mort après un lancer d'anthologie à la pêche au coustut ( et oui, ce pêcheur de thons bananes, si mes souvenirs sont bons, a été un adolescent soutenant sa ligne du haut d'un ponton, avant d'être digne de rappeler aux poissons tropicaux préférés de Biff Tannen que personne ne le traite de mauviette )... et il l'avait décrochée, sa ligne, au milieu des promène-couillons venant apponter, là où tout le monde aurait cassé le fil et laissé le bas perdu dans le mouillage, en revenant nous illuminer de son sourire triomphant à la nage...
Du coup, quelques années après, ayant moi-même coincé mes hameçons dans un rocher en Andalousie, j'avais cru pouvoir en faire autant, et je n'avais réussi qu'à me faire drosser les genoux en avant ( pour préserver mes plantes de pieds ) sur une colonie d'oursins que mes jambes se rappellent encore..
N'est pas Vincent qui veut!
Alors là, on se dit qu'il va bien prendre toutes les précautions pour revenir en Atlantique en étant moins téméraire que pour en sortir ( le coup de l'OVNI en semi-remorque, même pas vraiment TGV, c'était encore un tour à la CGV! ), et que secondé comme il l'est par des experts de la navigation en haute mer, le triumvirat de gastronomes en doudounes amateurs de gratins, de cassoulets et de choucroutes a des raisons de prendre le temps d'être patients pendant des journées hivernales à dorloter la cambuse dans leurs bottes étanches, en scrutant la météo et en choisissant des plans de navigation bien chiadés.
Moralité, Capitaine, tu nous fait bien flipper à descendre tourner autour de l'Afrique comme d'autres se font peut-être la Meije en hivernale, mais comme son nom l'indique, du Ferret jusqu'à celui que tu vas doubler un de ces quatre, on te garde toute notre Bonne Espérance parce qu'on sait qu'on te porte la plus sincère confiance et que comme dirait Franck Monnet, notre esprit t'accompagne :-)
On vous embrasse bien affectueusement, et salut à tous les marins d'eau douce qui rêvent comme moi en dégustant le récit de ton aventure, bises à Patricia, Bia, Léo et toute ta famille à Bahia, qui auront le plaisir de t'accueillir une seconde fois après ta seconde taversée de l'Atlantique ( quatre océans en un tour du monde, mais qui peut vouloir faire ça? ) dans quelques semaines, enfin, comme vous déciderez que vous le faites.. On va bien regretter l'arrivée à Marseille, mais bon, on te gardera nos bras en se contentant de t'embrasser du clic.
En attendant, essaye de ressentir que là, au-desus de vous, il y a tout ce continent superbe et immense où l'homme est apparu à chaque fois, où des centaines de millions d'humains n'ont pas à manger aujourd'hui, mais qui porte lui aussi des espérances pour notre planète.
Toi qui apportes la lumière des hommes aux hommes là où elle n'est pas encore arrivée, reçois celle que ton coeur sait si bien refléter et prépare-toi à devenir un artisan d'un développement durable réussi inévitable, vite, assez vite, parce que tu es parmi les citoyens du monde au regard profond et circulaire, désormais.
Reçois toute l'affection et l'amour, ainsi que celles et ceux qui te sont chers!
J'abuse une quatrième fois pour ajouter que les couleurs du sunset sur J bay, ce sont vraiment, en fait celles de la pellicule de Bruce Brown, et que sur ce coup, avec l'affiche d'Endless Summer ( one ) en bandeau, vous nous avez fait un vrai travail d'esthète.
Alors Marilia, tu y es pour quelque chose, ou c'est arrivé comme ça ?
Hola Vicente!
Tus relatos son apasionantes, haras un libro luego imaginamos!
Nos alegramos al leerte y verte bien.
Nosotros salimos maniana de vacaciones al oceano atlantico, costa francesa: Royan y Cap Ferret.
Raphael ya de 7 anios termina hoy su "CP" y Sophia de 16 meses camina por todos lados y adora las cerezas del verano!
Te mandamos un abrazo.
Carolina y Olivier.
Hello, incroyable tous ces récits! Quand on visite le site à intervales un peu espacés, on a plein de choses à lire!
Bon courage pour la suite!
Romain
Non je n'y suis pour rien,les couleurs sont originelles ! Moi aussi je me suis demandé d'où ca venait cette couleur sci-fi des 70's.... peut etre de l'appareil, peut etre d'internet, du photographe, ou alors de la lumiere locale...
Va pour la lumière locale, alors, puisque Bruce Brown a la même au même endroit dans les 70's!
Et bé tous ces commentaires arrivent de la Côte d'Argent, ma foi!
Salut Caroline et Olivier, puisque vous me rappelez que l'an dernier à la même époque, justement, j'accompagnais mon ami Patrice au cours d'une navigation entre Pauillac et Claouey sur son Neptune, en découvrant la magie de la mer, de la houle et des étoiles, puisque le trajet entre Port Médoc, face à Royan, et le Cap Ferret, dont je connaissais depuis toujours l'éclat rouge toutes les 5 secondes pour avoir vécu presque au pied du phare, s'est fait pendant la nuit, avec ce sentiment étrange de se sentir tout près de mes proches couchés là-bas, sous cette lumière qui me servait de repère sous les haubans, et en même temps séparé d'eux, un peu comme Vincent doit se sentir loin de sa petite famille et pourtant tout près sur le même globe, juste de l'autre côté de l'Afrique et de l'Atlantique, presque déjà en train de voir se dessiner la côte et Bahia, avec juste quelques semaines à naviguer, comme moi une nuit d'été l'an passé...
Allez, vivement que ces destructive waves diminuent un peu, et que la météo propice que vous attendez pour quelques semaines s'annonce...
Bises à tous.
Philou.
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