Bahia ( épisode 1 / 4 )
Le 4 septembre, alors qu’un Churrasco d’arrivée se prépare à Salvador pour le lendemain, l’équipage de Dolce Vita aperçoit la terre, Bahia. Après 15 jours de mer, le fort et le phare de Morro de Sao Paulo situés à 30 milles au sud de Salvador, émergent au petit matin.
La terre, enfin un horizon fini, et Bahia, la terre de tous les saints pour accueillir ses trois marins. Nous mouillons à Gamboa, à l’intérieur d’une petite baie, rangeons avec soin et amour Dolce Vita pour sa présentation à la cérémonie du 5 septembre et embarquons sur un ferry en bois pour débarquer à Morro.
Pour certains… ça roule à terre ! Une après-midi « plage » à déguster queijo coalho, camaroes, et autre Moqueca arrosée de bière stupidement gelée, est notre juste récompense.
En fin d’après midi nous regagnons Dolce Vita pour une petite sieste réparatrice, avant de mettre les voiles cap sur Salvador, en vue d’une arrivée très attendue dans la baie, pour fêter le tour du Monde de Dolce Vita.
Vite il faut partir ! Le trop fameux vent de nord-est se lève et atteint désormais 25 nœuds, exerçant une force contraire à notre progression. Cela ressemble de plus en plus à la fable de la tortue et du lièvre, ce dernier trop confiant en son avance se relâche, prend un coup de poularde derrière la nuque et rate l’arrivée. Patricia, Sergio, Sandra et Leila qui bossent dur sur le churrasco depuis des jours ne comprendraient pas !
Il faut encore faire 30 milles pour rallier Salvador au matin ; il souffle un vent de régate dans le cockpit, un véritable sprint final avec « cassé » sur la ligne d’arrivée.
Je ne peux que méditer les mots de ma petite sœur « déjà arrivé, cela est passé à toute vitesse ! » et de me dire « deux ans à 10 km/heure de moyenne… c’est pas normal de ressentir cette brutalité à l’atterrissage ». Je vais maintenant avoir le temps d’y réfléchir mais pas immédiatement car il faut virer, empanner, envoyer de la toile, tirer sur les écoutes et attendre la bascule de vent, sinon ….
