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vendredi 4 septembre 2009

Bahia ( épisode 1 / 4 )

Morro de Sao Paulo



Le 4 septembre, alors qu’un Churrasco d’arrivée se prépare à Salvador pour le lendemain, l’équipage de Dolce Vita aperçoit la terre, Bahia. Après 15 jours de mer, le fort et le phare de Morro de Sao Paulo situés à 30 milles au sud de Salvador, émergent au petit matin.


La terre, enfin un horizon fini, et Bahia, la terre de tous les saints pour accueillir ses trois marins. Nous mouillons à Gamboa, à l’intérieur d’une petite baie, rangeons avec soin et amour Dolce Vita pour sa présentation à la cérémonie du 5 septembre et embarquons sur un ferry en bois pour débarquer à Morro.

J’ai connu ce lieu il y a déjà dix ans en compagnie de Patricia et Hamilton, ses plages magnifiques, son village coloré auquel on accède par une porte monumentale en pierre, vestige de cette place forte d’une autre époque où pirates et bateaux de commerce croisaient, les coffres pleins d’or et de noix de coco...


Pour certains… ça roule à terre ! Une après-midi « plage » à déguster queijo coalho, camaroes, et autre Moqueca arrosée de bière stupidement gelée, est notre juste récompense.

Nous sommes tellement grisés par ces retrouvailles avec la vie exubérante de Bahia, l’odeur et la chaleur de la plage, que nous en oublions pour quelques moments tout : le temps, les nuits de quarts, le manque d’espace.



En fin d’après midi nous regagnons Dolce Vita pour une petite sieste réparatrice, avant de mettre les voiles cap sur Salvador, en vue d’une arrivée très attendue dans la baie, pour fêter le tour du Monde de Dolce Vita.

Malgré l’état de fatigue, l’excitation intense accumulée ces derniers jours à cause du rendez-vous qui approche avec la fin de route, je trouve quand même le sommeil ….. et ce n’est que vers 21 heures que je reprends pied dans la réalité.

Vite il faut partir ! Le trop fameux vent de nord-est se lève et atteint désormais 25 nœuds, exerçant une force contraire à notre progression. Cela ressemble de plus en plus à la fable de la tortue et du lièvre, ce dernier trop confiant en son avance se relâche, prend un coup de poularde derrière la nuque et rate l’arrivée. Patricia, Sergio, Sandra et Leila qui bossent dur sur le churrasco depuis des jours ne comprendraient pas !

Il faut encore faire 30 milles pour rallier Salvador au matin ; il souffle un vent de régate dans le cockpit, un véritable sprint final avec « cassé » sur la ligne d’arrivée.

Je ne peux que méditer les mots de ma petite sœur « déjà arrivé, cela est passé à toute vitesse ! » et de me dire « deux ans à 10 km/heure de moyenne… c’est pas normal de ressentir cette brutalité à l’atterrissage ». Je vais maintenant avoir le temps d’y réfléchir mais pas immédiatement car il faut virer, empanner, envoyer de la toile, tirer sur les écoutes et attendre la bascule de vent, sinon ….

lundi 17 août 2009

Ile de Sainte Hélène

Lat 15°55 Sud / long 5°43 Ouest


Nous quittâmes, presque à regret, Luderitz et ses diamants le vendredi 10 juillet. L’équipage maintenant rodé, enchaîne les manœuvres dans un courant d’Alizés désormais bien établi. Le vent souffle exactement sur notre arrière, souvent en rafales, et nous alternons les allures de grand largue sous génois ou geaneeker, ou arrière les voiles en ciseaux.

Le passage du méridien de Marseille est sûrement un cap important de notre projet, mais c’est surtout l’occasion de commencer à nourrir les quarts de nuits des souvenirs, à regarder un peu dans le rétroviseur, se rappeler des côtelettes de taureau de Saint Louis du Rhône avec les potes venus prêter main forte …

Quand on passe la semaine en mer certaines denrées viennent à manquer… comme le frais ou le pain, gage d’équilibre à bord d’une embarcation franco-brésilienne. Le capitaine adore faire le pain, l’équipage s’en colmater les entrecôtes.


Pour info les quarts sont répartis comme suit pour cette traversée trans-océanique : Marcelino veille de 19h à 21h puis de 1h à 3h, Vincent prend ses quarts de 21h à 23h puis de 3h à 5h, et Jacques assure les créneaux 23h à 1h et 5h à 7h. La nuit, je relève courrier, grib météo et fax des pressions de surface (déplacement de nos amis anticyclone et dépressions) grâce à la radio grandes ondes BLU ( et son modem ) ou le système satellitaire IRIDIUM interfacé au PC de bord.

Nous visons l’île de Sainte Hélène distante de 1300 milles nautiques au Nord Ouest, en plein milieu de l’Atlantique Sud. Dolce Vita glisse sur la houle du Sud, parfois rapidement, et avale les milles avec grande régularité.

L’atterrissage de jour sur Sainte Hélène n’est pas gagné, en effet il nous faut faire une moyenne de plus de 6 nœuds par un vent arrière très irrégulier sur la dernière journée. Nous décidons de nous mettre en configuration « voiles en ciseaux et Jacques à la barre » pour ne pas avoir à risquer une arrivée de nuit, périlleuse, sur ce bout de rocher escarpé, qui n’offre pour ainsi dire aucun abri naturel, et qui, comme nous le rappelle notre guide, « possède un climat comparable à celui de Londres » question brouillard et pluie. D’ailleurs cela fait maintenant 1000 milles que nous en sentons l’influence, et pour les températures ce n’est pas encore Bahia ! Jacques qui rêve d’un gros steak saignant ne relâche pas la pression ni la barre, et nous déboulons à fond la caisse au coucher du soleil dans la baie de Jamestown, en territoire anglais, le 17 Août au soir. Nous ne sommes pas autorisés à débarquer, et sommes placés en quarantaine jusqu’au passage d’un docteur le lendemain matin. On se consolera avec une méga saucisse-pasta party à se casser le ventre.



Tout l’équipage mesuré à 33° de température ( ils sont très fort nos amis brittons ) est déclaré sain , nous descendons le « Q flag », et prenons le mini ferry jaune, unique moyen de gagner la terre en l’absence de pontons.

Nous découvrons une île fascinante, isolée, sans aéroport, reliée au monde par un cargo qui réalise une rotation vers l’Afrique du Sud deux fois par mois. Le tourisme y est donc impossible. Tout le monde nous salue, et semble au courant de notre arrivée grâce à la radio communautaire.

Nous entreprenons l’escalade du fort High Knoll ( 699 marches – dur pour les mollets ! ), visitons l’église, la rue principale ( Napoleon Street ), nous arrêtons pour boire une mousse sur la terrasse de l’hôtel Consulate et allons nous recueillir sur la tombe de notre illustre compatriote Napoléon.




Les habitants sont charmants, l’escale restera un petit joyau dans ce tour du monde.



Il est maintenant temps de rentrer à la maison où ma Pénélope m’attend, et affronter la dernière étape de ce périple planétaire avec, pour point d’orgue et final, Salvador de Bahia – SAUDADE – dans 1900 milles nautiques et certainement beaucoup d’émotion.

vendredi 7 août 2009

NAMIBIE – Luderitz / Kolmanskop

Latitude 26°38 S Longitude 15°09 E


Une baignoire dans un désert.

La météorologie et le courant de Benguela nous tiennent sur le bord du continent Africain. Dolce Vita a décidé de jouer les prolongations, et refuse de prendre de l’ouest, de se jeter dans l’Atlantique tel le trapéziste qui évalue le saut dans l’espace.
Le courant froid et humide crée des nappes de brouillard dense en quelques heures, qui se dissipent lorsque le vent revient. La côte est désertique, faite de dunes. Nous passons le fleuve Oranjemund qui marque la division entre l’Afrique du Sud et la Namibie.

Nous décidons de nous accorder une dernière escale avant la grande traversée, en Namibie, dans le port de Luderitz. Arrivés de nuit, nous mouillons dans une baie proche du port. Au matin nous découvrons un petit port, où des bateaux munis de grands tuyaux aspirateurs de diamants ont remplacé les chalutiers et autres embarcations de pêcheurs.




Nous sommes à Luderitz ville allemande, eldorado du diamant du début du XXème siècle. Un décor de maisons bourgeoises se fondant dans le majestueux désert de Namibie. L’influence germanique est omniprésente : saucisses de Wien frites, et radios en allemand au programme. Namibien et allemand cohabitent, mais quel contraste ! La bière coule a flot dans le Yacht Club ou l’on se croirait dans le nord de l’Europe !


Nous partons à la découverte de la ville de Kolmanskop qui, à l’entre-deux guerres, produisait plus de 20% des diamants de la planète. Interdiction formelle de quitter la route pour se pencher sur les bas cotés à la recherche d’un brillant ! L’affaire est sérieuse.



La ville a été abandonné après les heures glorieuses, et s’est fixée au milieu du désert à travers les âges. Il faut imaginer une bourgade de 200 allemands au milieu du désert de Namibie, disposant de l’électroménager le plus moderne de l’époque, d’un théâtre où venaient se produire les vedettes d’Europe, et de l’eau amenée en barriques depuis Cape Town pour remplir tout les jours les baignoires de ces dames, de la charcuterie comme à Münich, des compétitions de Bowling. Il suffisait de se pencher, 800 carats par jour et par personne !!











Il est maintenant temps de reprendre la mer, en ce vendredi 7 Août 2009. Direction l’ouest et Salvador de Bahia que nous devrions atteindre dans 24 jours environ.



dimanche 26 juillet 2009

Soweto



Soweto n’est plus un township mais une grande ville. Cet ensemble hétéroclite de quartiers résidentiels populaires et de townships, où tout manque, est entré dans l’histoire de la lutte pour les libertés en 1976 lors des manifestations des étudiants noirs sud africains.

En visitant le mémorial Hector Pietersen on prend conscience de l’ampleur du système de ségrégation raciale mis en place en Afrique du sud et des luttes pour essayer d’en venir à bout.

Mais en sortant du Mémorial, et en visitant le quartier de Clipperstown, on se rend compte que la situation est aujourd’hui extrêmement explosive, complexe.





Avec Mandy qui nous guide, nous rencontrons les habitants de Clipperston, qui eux, survivent, aux portes de la capitale économique sud africaine. Au détour d’une case en tôle, nous recevons un accueil extrêmement émouvant.








En ce 26 juillet, anniversaire de « Mom Pat » ma lionne et louve des mers, nous soufflons les bougies d’un gâteau qui fera le bonheur des enfants, dans le véritable cœur d’un pays incroyablement beau et dur à la fois.