dimanche 12 avril 2009

Arrivée aux Seychelles et soulagement



Chers amis,

Une nouvelle étape de navigation s'achève alors qu'il reste moins de 60 milles nautiques à parcourir, ce dimanche 12 avril, pour atteindre Port Victoria aux Seychelles. J'aperçois déjà nettement la terre, la pointe orientale de l'île Marianne situé à une trentaine de milles sur un relèvement au 258°.

Tout d'abord il fallut naviguer dans l'une des zones les moins ventées de la terre, en région équatoriale connue pour son poteau noir, à l'époque où les régimes de moussons et d'alizés du Nord s'essoufflent, et celles du Sud ne font que naître. Les vents sont très faibles et peuvent varier plusieurs fois par jour en direction. L'action des courants peut se montrer encore plus vicieuse lorsque le vent suffit à peine à gonfler les voiles et que le voilier, à l'arrêt sur la surface, en réalité recule sur le fond. Pour compléter le tableau, régulièrement, les grains sont venus nous visiter.

Ensuite, la distance... 1700 Milles Nautiques ( 3000 km ) ne permet pas le recours au moteur en cas de grand calme. Il faut garder précieusement le combustible. Et la pétole, on l'a eue . Nous fûmes patients et inventifs. La patience, c'est 24 jours de navigation soit une moyenne inférieure à 3 noeuds. L'inventivité ce sont, par exemple, les parties de carrom pour passer le temps, Dolce Vita à la dérive.

Enfin, un grand soulagement préside à notre arrivée. Depuis plusieurs jours, nous recevons des messages d'alerte nous informant d'une soudaine, anormale et nouvelle activité de Piraterie au large de la Somalie, du Kenya, de la Tanzanie, et des Seychelles. Aujourd'hui j'apprends par un ami le dénouement tragique de la libération d'un voilier qui avait été pris par les pirates dans cette zone...

Dans la nuit du 9 avril, alors que je prends mon premier quart de nuit j'aperçois à l'avant légèrement tribord deux lumières sur l'horizon. Je suis intrigué, car c'est la première fois en trois semaines que je vois âme qui vive dans cette partie de l'océan. Je décide de vérifier la signature radar AIS de ces embarcations, qui n'en possèdent pas. Il ne s'agit donc pas de cargos .. Mon détecteur de radar Merveille se met en branle, cela signifie que ces embarcations ont des radars en train de fonctionner, ce qui d'ordinaire et d'expérience ressemble peu a une activité de pêche locale . Je décide de changer brusquement de cap pour m'éloigner selon une route perpendiculaire, tous feux éteints. La lune est pleine et on voit malheureusement presque comme en plein jour nos voiles..

Les lumières, au lieu de s'éloigner, se rapprochent et leur route semble faire droit sur Dolce Vita. Je réveille Gildas et nous mettons le moteur pour appuyer les voiles et reprendre de la distance. Durant une bonne demi-heure nous nous interrogeons sur l'évolution des distances entre eux et nous, d'autant plus qu'il sont équipés de gros projecteurs comme ceux que l'on utilise pour la pêche au lamparo. Finalement un bon grain passant par là, finit par tout nettoyer, chacune des embarcations se concentrant sur sa manoeuvre, et Dolce Vita en profitant pour prendre discrètement le large.

Ce pourrait bien être l'histoire d'un capitaine de voilier devenu trop sensible à force de naviguer en eaux troubles, et qui se sent cerné par des pirates ...en fait de paisibles bateaux de pêche. Mais trop heureux de pouvoir encore raconter une histoire !!!!

Nous avons dû apprendre à vivre avec : au nord-est du Brésil, au large du Vénézuela, de la Colombie, et de Bornéo, en Mer de Java, au large de Sumatra, dans le détroit de Malacca et enfin dans une grande partie de l'ouest de l'Océan Indien nord.

Je remercie de leur compréhension les ex -futurs coéquipiers qui on vu les programmes évoluer. Gildas qui n'a pas hésité à prendre la tangente vers le sud imposée par les manoeuvres de guerre dans le Golf d'Aden et mes grands amis Leila et Sergio. Ils sont une inspiration déterminante de ce voyage, avaient prévu de nous rejoindre, et pour l'instant, découvrent au jour le jour les nouveaux itinéraires, tout en faisant preuve d'une souplesse extraordinaire pour accompagner le périple qui s'adapte pour contourner les zones dangeureuses.

3 commentaires:

marilia a dit…

Soulagés de vous savoir bientôt arrivés à bon port et à l'abri.
Ce dernier post nous rassure sur ta vigilance maintenue et bien-sur ton art du récit toujours aussi vibrant et épique !!!
gros bisous, bonne retape et essayez de profiter du décor superbe, malgré le stress ambiant et les complications de parcours.
Gros bisous
Ma&Dam

Patricia, Bia e Léo a dit…

Nos desejamos uma boa viagem para ilhas Mauricios. Com ventos suficientes para andar numa boa velocidade e sem riscos.
Esperamos também que a sua nova tripulação possa te ajudar bastante e que voces tenham uma boa convivencia nesses dias de mar.
Nossos pensamentos e nossos corações estão com voce, meu AMOR!!!

Patricia, Bia e Léo

Anonyme a dit…

Raconter une histoire, raconter une histoire, n'empêche que dans celle-ci, on voit bien que c'est crucial, le bon grain, pour se séparer de lit-vrai...

A posteriori, c'est quand même bizarre que ces bateaux n'aient pas communiqué par radio, s'ils venaient droit dessus, et heureusement que ou avez un équipement pointu permettant d'accrocher le signal radar d'autrui, parce qu'en cas de navigation sans feux de leur part, si cela avait été le cas, vous auriez quand même su qu'ils étaient là avec leur signal de radar...

On sent bien que l'expérience du capitaine est désormais affûtée...

Bises de Philou de passage, alors que Gwen a enfin reconnecté l'internet ce matin dans le nouveau logement, afin de découvrir tout ce qui s'est passé depuis 8 semaines...

La fin du tour du monde semble s'approcher désormais, puisque tout a une fin, mais il reste à rejoindre et retraverser l'Atlantique en compagnie de tes équipiers de Bahia.

Il n'y a pas de hasard!

Nous vous souhaitons une belle navigation.

Affectueusement à toutes et à tous par ces pages...