dimanche 31 août 2008

Palmerston Island

18° 02 Sud 163° 11 Ouest




La famille repartie de Bora Bora, nous nous retrouvons tout les quatre, essayons de remettre un peu d'ordre dans nos idées en allant mouiller un peu plus loin ...
L'enchaînement des épisodes polynésiens fût intense. Nous ne nous rendons pas vraiment compte qu'une page importante se tourne.





Prendre soin de notre voyage, anticiper les problèmes techniques, équilibrer l'alternance des navigations et des escales Il faut veiller à respecter le rythme et les aspirations de chacun et de tous. Equation toujours périlleuse.

Cette semaine qui s'achève me le rappelle, et me rappelle surtout la joie intense, celle de partager avec ma femme et mes enfants ces moments uniques et forts de vie.




Tout d'abord parlons de nos amis de "Flame", un couple d'Australiens de Perth sur le chemin du retour. Nous les retrouvons à Bora Bora. Ils nous parlent de Palmerston et de l'accueil que, parait-il, on y rencontre. Paul a le flegme du rugbyman anglais qu'il a été, l'aisance et le verbe du Yatchman de Freemantle... Le vent ? C'est bon. Demain on y va, quatre ou cinq jours de navigation, et puis une escale.


Cela fait un an exactement qu'on est partis de Marseille, et il faut avancer, toujours, toujours vers l'ouest, arriver avant la mauvaise saison.

Je suis un peu fatigué mais on part quand même, il le faut bien. C'était il y a déjà 15 jours, nous étions dans un lagon dont rêvent tous les vacanciers.

Le vent tombe, je souhaite m'arrêter dans un atoll, souffler un peu, mais l'équipage veut poursuivre, alors on renvoie de la toile. Le vent arrive, une très grosse houle venue des mers du sud nous brasse. Le bateau couine, tremble, roule, les réservoirs chahutent, le gouvernail fait un drôle de bruit. La barre est très dure, anormalement dure, ça tape au niveau du Safran. Je mets la tête sous l'eau pour voir, et rien, rien de bizarre et pourtant j'aurais préféré découvrir quelque chose. Je réfléchis... des pensées dans tous les sens.



J'ai du mal a dormir. Quatre nuits sans dormir, le vent est fort, seuls dans le Pacifique sud à bord de Dolce Vita. Je sens que nous ne sommes absolument rien , à la surface de cet univers d'eau.

Je capte une bribe d'échange d'une vacation radio en Anglais, c'est "Flame", ils sont arrivés. Nous ferons de même le lendemain, encore une nuit blanche, le safran malade.

Certainement la navigation la plus difficile. Nous amarrons Dolce Vita à même le bout attaché au corail, que me tend notre hôte Edward.




Palmerston c'est avant tout une histoire de famille. Celle de William Marsters qui en 1862 vint s'installer avec ses trois femmes de l'île de Penhyrm. Il y a un oeil sur Palmerston , c'est sûr !



Les trois familles contrôlent chacune un bout de ce morceau de récif au milieu de nulle part. Nous tombons sous contrôle de la famille d'Edward, dont nous dépendons pour nous rendre à terre, pour visiter l'île ...

Une île ou un seul patronyme règne, sur le fronton de l'église, sur les stèles des cimetières, une île belle à en crever ou les poissons coralliens sont gros comme des thons ... et où abondent les requins en maraude.


Une île de cinquante Marsters, avec son école, ses luttes de clans, son ordre victorien impeccable, son Yatch Club d'un autre temps, des vestiges épurés de naufrages décorant les rues pavées de coquillages et coraux pilés.



Dolce Vita est donc amarré à ce bout relié au tombant corallien, au bord de l'abysse Pacifique. Nos hôtes sont parfaits, nous ouvrent les portes de leur morceau de paradis construit pierre à pierre. Pour se rendre à terre il faut franchir la passe reliant l'océan au lagon, un passage que seul un membre de la famille Marsters peut entreprendre. Les vagues immenses brisent au sud et au nord.



Un repas partagé à terre entre communauté de navigateurs présents et nos hôtes renforce les liens. Je suis soucieux, il faut s'occuper du safran. La première nuit portera conseil.



Une nuit particulièrement noire, je me réveille, vais voir à l'avant, rien . une prémonition ? En fond de rêve j'entends maintenant le grondement des vagues, le vent aurait-il tourné ? Alors que l'équipage repose, un vacarme étourdissant provenant de la coque nous tire tous d'un repos devenu introuvable. Je mets la tête dehors, je ne vois plus les autres voiliers au mouillage. Ils ont disparu.. A moins que ce ne soit nous qui les ayons quittés. Dans une vision hallucinante mais bien réelle nous comprenons que la mer est devenue récif. Pas le temps de penser. Patricia démarre le moteur, je remonte la dérive, jette dans la nuit un oeil au compas pour nous situer. Il faut se sortir de là. La chance est avec nous. On peut même parler de miracle, car Dolce Vita n'aura que des éraflures.

La nouvelle tombe : très mauvais temps en perspective deux systèmes anticycloniques anormaux et très actifs sur la Nouvelle Zélande vont sur nous. On annonce une houle entre 7 et 10 mètres. Nous sommes piégés à Palmerston : Partir avec un safran malade dans la tempête, rester à un mouillage précaire avec le risque de se faire jeter sur le récif .



Tout le monde décide de rester. La vie s'organise au mouillage. Paul convoque une réunion des sept voiliers piégés pour assurer des tours de veille. Je plonge installer, tels des relais d'escalade, des anneaux de chaînes autour des pâtés de coraux, pour y fixer des haussières renforcées. Notre mésaventure de la veille rend tout le monde nerveux et sceptique quand à la qualité des mouillages locaux. Au tirage au sort, je pioche le tour de veille de 1heure à 2heures 30. Le vent est maintenant à 40 noeuds, et ce n'est que le début de deux semaines de mauvais temps. J'ai du mal à dormir. Mon tour arrive. Et là je vois dans la nuit le feu de Flame qui décroche et qui s'enfonce dans la tempête... Canal 16 :" Flame Flame you're drifting, wake up !!! ". Paul ne comprend pas, met le moteur et erre dans la nuit tel un fantôme. Au petit jour il pause enfin son ancre qui prend après un 3ème essai sur le tombant.

Je lis Duras, Simenon. Nous faisons des canastas...

***************
" Palmerston


A viagem tem sido muito agradavel e o fato de conhecer novos lugares, culturas e gente, me fascina.

Realmente a Polinesia Francesa nos encantou, com suas aguas transparentes, suas ilhas unicas no mundo e um povo muito hospitaleiro.

Agora estamos em Palmerston, uma pequena ilha (Ilhas Cook), com apenas 50 habitantes e com uma historia muito interessante. Um pastor Ingles que se instalou com suas tres mulheres, em 1862, em pontos diferentes da ilha, criou normas super restritas, como casamento so entre os filhos de mulheres diferentes. Cada um se ocupa de de um serviço publico, como limpeza, agua, energia, etc.

Quando chegamos, fomos logo recebidos pela imigraçao, inspeçao de saude, e a pessoa responssavel pelas boias que os barcos se amarram.. Todos irmaos , mas se tratando com uma formalidade de colegas de trabalho, incrivel!!!

A ilha é constituida de 7 pequenas ilhas de areia branca e coqueiros, na qual so uma é habitada. Os recifes ligam uma ilha a outra , fazendo um grande circulo, com um lago de agua salgada dentro, cheio de corais e peixes de toda especie.

Nossa experiencia nesta ilha nao foi das mais agradaveis. Ao chegarmos constatamos que o nosso leme estava rachado e so encontraremos conserto com mais cinco dias de viagem.

Na segunda noite , sem vento, nem ondas, acordamos com um enorme barulho no casco. Nos levantamos assustados e ainda sonolentos , ligamos a lanterna para ver o que estava acontecendo e vimos que estavamos batendo contra os recifes. A corda que prendia o Dolce Vita, partiu durante a noite e derivamos em direçao aos recifes. Ligamos o motor e graças a Deus, conseguimos sair sem nenhuma avaria. Que noite!!

No dia seguinte anunciaram uma tempestade que estava se aproximando. Fizemos imediatamente uma reuniao entre os 7 barcos acorados e decidimos ficar e esperar o mal tempo passar ( sete dias), pois a ilha oferece uma proteçao natural contra as ondas de 8 metros.

Começamos a trabalhar para reforçar as amarras. Vincent, mergulhou e amarrou uma nova corrente nos corais, para nos garantir mais segurança. Amarramos e fechamos tudo, parecia que todos se preparavam para uma guerra...

Fizemos um revezamento de vigia entre os barcos, para que sempre tivesse alguem olhando os barcos e assim pudessemos dormir mais tranquilos.


Na primeira noite de mal tempo, ventos de 80 km/h. No turno de Vincent, a corda do barco Flame quebrou e ele começou a derivar, mais uma confusao!!!!

Agora é meu turno de vigia, e aproveito para contar estas fortes emoçoes que estamos vivendo... "

2 commentaires:

Unknown a dit…

bonjour à vous 4, que d'aventures à bord de la dolcevita! merci de nous faire voyager ainsi! on pense à vous

cathy et yvan

Anonyme a dit…

Alô, Família Destot

De cá acompanho por onde o Dolce Vita anda. E anda...
Vocês estão no lugar "onde o vento faz a curva" e é verdade. Estão longe pacas !!!
As fotos estão ótimas. Não demorem muito de publicar novas.
Por aqui tudo vai indo bem.
Espero que vocês estejam OK e continuem fazendo uma excelente viagem.
Beijos para todos.
Tio Roberto