dimanche 6 juillet 2008

Oa Pou ( Archipel des Marquises )

Latitude 9° 22 Sud
Longitude 140° 04 Ouest

Les 15 premiers jours de juillet correspondent à la grande période de festivités. Cela commence avec la fête de l’autonomie ( des archipels vis à vis du Territoire – Papeete – mais aussi vis-à-vis de la France ) pour finir en liesse avec la fête de la Révolution du 14 juillet. C’est l’occasion de grandes manifestations. Les défilés, bien sûr, avec les pompiers en démonstration sur leur beau camion, les corsos fleuris ( 4x4 déguisés en plantation de bananes et troupeau de vaches ) et les cavaliers tatoués…

Puis viennent les concours agricoles d’ouverture de 50 noix de coco, ou de la plus belle baraque en feuilles de palmes tressées, les élections des miss et, inévitablement, les danses des femmes et des hommes.






L’après midi se conclut irrémédiablement par la course de pirogues et un bon Kai Kai offert à tout le monde (banquet populaire ). Il faut néanmoins imaginer tout cela ramené à une île ou chaque village compte au plus une centaine d’habitants.

C’est en compagnie du « Grand Bleu » ( Barbara, Live – 1 an - , Olivier et Joaquim – 4 ans ) que nous nous rendons première semaine de juillet sur Oa Pou, petite île au sud de Nuku Hiva, après une excellente navigation qui nous remet dans le bain. Nous n’avons aucun mal à nous fondre au décor tant les marquisiens sont naturels et accueillants.



Nos amis Sergio et Leila nous avaient bien informés sur le triptyque à ne manquer sous aucun prétexte : le cochon cuit dans la terre, les danses traditionnelles et l’Ara nui (navire moitié croisière moitié cargo) qui déssert les archipels et à bord duquel Sergio et Leila ont sillonné la Polynésie.

Pour le cochon nous avons du mal, malgré notre insistance… restera peux être à le chasser ….Pour les danses, nous avons adoré la délicatesse des danses des femmes et introduit une variante à celles des hommes, en décidant de participer à celles-ci. Bien sûr, pour répondre à la puissance des guerriers capables de mettre en déroute les All Black nous avons délégué le guerrier blond du Bord … (cf vidéo jointe)

Quant à l’Ara nui ? Il est venu gentiment s’amarrer juste à coté de nous, à dix mètres.




Oa Pou est spectaculaire avec ses pitons rocheux. Une rando jusqu’à la cascade s’impose et nous demandons notre chemin aux vahinés sur les rochers du rivage, alors en pleine récolte de fruits de mer (porcelaines, coques géantes …). « Toujours tout droit suivre le panneau Cascade Manfred, une demi-heure »



Monoï contre les nonos, et en route avec nos amis du Grand Bleu ! Mais voilà après une heure et demi de chemin grimpant dans la forêt, bordée de citronniers, bananiers, vanilliers, citrouilles nous n’apercevons toujours pas de cascade, mais ô surprise une plaque signalant l’entrée du manoir de Manfred Ville ???



Olivier va en éclaireur remontant une allée plantée d’arbres fruitiers et de fleurs tropicales. Manfred nous accueille en nous expliquant qu’il a lui-même enlevé la plaque conduisant à la cascade pour se jouer des touristes, et qu’on était cent fois mieux chez lui pour pic-niquer, qu’à la cascade pleine d’écrevisses déchaînées à cette époque.
Autodidacte, cousin de la championne olympique de saut en longueur Ike Drexler, Allemand ayant passé le mur de Berlin deux ans avant sa chute, il devient pilote d’hélicoptère à Tahiti, avant de s’installer au milieu de la forêt de Oa Pou avec sa charmante polynésienne Thérèse. Là, à la seule force de ses bras il plante du Café, du cacao, tous les arbres fruitiers qui existent sur terre, élève des chevaux, des canards et des poules, construit des piscines (dans un style Gaudi) pour sa belle et produit sa propre énergie grâce à une ingénieuse mini centrale hydraulique aménagée dans un ancien congélateur, entraînant un moteur de concasseur recyclé.



Revue à l’appui, il nous explique comment le domaine a aussi servi de camp de base pour des alpinistes allemands venus ouvrir des voies d’escalades difficiles dans les pitons alentours.


Jamais pique-nique n’aura été occasion de goûter autant de produits « faits maison » : crème de cacao des plantations, café torréfié dans un tambour de machine à laver le linge, sirop de citron aux poivres du jardin, jus de caramboles et corossols et pain spécial « dolce vita », le tout rythmé par les faits de vie de Manfred, dans un humour allemand plus que décapant. Léo et Joaquim disparaissent des heures, jouant aux guerriers au milieu des oies, canards, poules, cochons, chien et chevaux. Manfred propose de nous ravitailler pour les îles de Toamutu là ou ne poussent que des cocos …. II ira jusqu’à nous livrer à quai des sacs entiers de pamplemousses, caramboles et avocats. Nous n’aurons pas vu la cascade.
Mais que de souvenirs !



Nous disons au revoir au « Grand bleu » et partons direction les Tuamotu.



1 commentaire:

Anonyme a dit…

Acompanho sempre vocês.
E aí, vocês não vêm ao Rio de Janeiro?
Não consigo acreditar que não irão velejar aquí pela nossa Baía de Guanabara e dar um pulinho em Búzios.
Beijos a todos.
Paulo Antonio